Pinteo Explique
Un demi français contient généralement 25 cl. Une pinte en contient souvent 50. Mais passez la Manche et la pint atteint environ 56,8 cl ; aux États-Unis, l’unité américaine descend à 47,3 cl. Au comptoir, les mots voyagent moins bien que les amateurs de bière.
Le dépaysement commence parfois avant la première gorgée. En Espagne, on commande une caña, un doble ou un tercio. Au Portugal, un fino ou une imperial. En Australie, le schooner change de taille selon l’État. Voici les repères pour choisir son format et comprendre ce que l’on vous sert.
L’essentiel
- En France : galopin généralement 12,5 cl, demi 25 cl, pinte 50 cl.
- Une pint britannique et une pint américaine diffèrent : environ 56,8 cl contre 47,3 cl.
- En Espagne : caña et copa ne garantissent pas partout le même volume.
- Pour commander : le nom donne un repère ; la contenance indiquée sur la carte précise le format proposé.
PINTEO EXPLIQUE · LES FORMATS AU COMPTOIR
Du galopin à la Maß : les contenances en un coup d’œil
Repérez le volume, puis le nom à utiliser sur place. Un même mot peut changer de quantité d’un pays à l’autre.
12,5 cl
Galopin
France
Petit service traditionnel
20 cl
Stange · fino · imperial
Cologne · Portugal
Kölsch classique ; pression portugaise souvent servie en 20 cl
25 cl
Demi
France
Le repère du café français
30 cl
Malé pivo
Tchéquie
La petite bière habituelle
33 cl
Tercio
Espagne
Une bouteille, aussi appelée mediana en Catalogne
42,5 cl
Schooner
Australie
Courant dans de nombreux États
47,3 cl
US liquid pint
États-Unis
Équivalence arrondie de l’unité américaine
50 cl
Pinte · Halbe
France · Allemagne
Pinte française usuelle ; demi-litre allemand
56,8 cl
Imperial pint
Royaume-Uni · Canada
Unité impériale, valeur arrondie
100 cl
Maß
Bavière, notamment
Le litre dans une grande chope à anse
Les silhouettes illustrent les contenants et ne sont pas dessinées à l’échelle des volumes. 10 cl = 100 ml. Les unités étrangères sont arrondies ; les usages locaux sont détaillés ci-dessous.
Au Canada, le « pint » anglais correspond à la chopine impériale de 56,8 cl. La « pinte » française canadienne est une autre unité : voir le chapitre sur les pintes.
France : pourquoi le demi ne fait-il pas un demi-litre ?
En France, un demi désigne 25 cl. Son nom est rattaché par la DGCCRF au demi-setier parisien (une ancienne mesure de boisson proche du quart de litre). Le setier (une mesure dont la valeur variait selon le lieu et le produit) et la chopine (une ancienne demi-pinte française, un peu moins d’un demi-litre) appartiennent à ce vocabulaire ancien.

Au comptoir : le demi de 25 cl est le repère traditionnel du café. Dans un bar spécialisé, on vous demandera souvent la référence et la taille souhaitées. Pour être précis : « Une pression de 25 cl, s’il vous plaît. »
Autour de ce repère, le galopin correspond couramment à 12,5 cl et la pinte à 50 cl. Le premier permet de découvrir une référence en petite quantité ; la seconde est devenue une commande familière dans les bars à bière. L’affichage de l’établissement reste essentiel : en France, les boissons doivent être présentées avec leur prix et le volume servi.
Un verre large peut paraître plus généreux qu’un verre étroit tout en contenant moins. Pour comparer deux commandes, mieux vaut donc regarder les centilitres que la silhouette du contenant.
Royaume-Uni et États-Unis : deux pintes qui ne se valent pas
Au comptoir : dans un pub britannique, la pint est le format de référence ; demandez une « half pint » pour un petit service. Aux États-Unis, « a beer » ne précise ni la bière ni la portion : regardez le format proposé.

Dans un pub britannique, la pint est une unité impériale d’environ 56,8 cl. Sa moitié, la half pint, représente environ 28,4 cl. Les quantités autorisées pour la bière pression comprennent aussi le tiers et les deux tiers de pint, ainsi que les multiples de la demi-pint.
Aux États-Unis, la liquid pint appartient à un autre système : elle vaut environ 47,3 cl. Une commande portant le même nom peut donc renvoyer à une quantité différente de celle du pub londonien. Les bars américains proposent également d’autres portions : le volume annoncé sur leur carte compte davantage que la ressemblance du verre avec une pinte.
Canada : le piège du mot « pinte »
Le pint anglais correspond à la chopine impériale (l’unité canadienne de 568 ml, soit environ 56,8 cl, différente de l’ancienne chopine française). Le mot français « pinte », dans le système canadien, désigne pour sa part le quart impérial, soit deux chopines. Mesures Canada souligne cette différence de vocabulaire et précise que la mousse ne compte pas dans la quantité de bière annoncée.
Espagne : caña, copa, doble, tercio… comment s’y retrouver ?
Au comptoir : pour une petite pression, demandez « una caña ». À Madrid, le repère est de 20 cl ; ailleurs, la portion peut être plus grande. « Una cerveza » laisse davantage de place aux habitudes du bar.

En Espagne, la commande mêle format, contenant et habitudes régionales. La caña désigne une bière pression : Cerveceros de España donne notamment le repère de 20 cl à Madrid et décrit des formats plus grands ailleurs. Le doble annonce un service plus généreux, mais pas une mesure nationale uniforme.
La copa renvoie au verre, souvent à pied, plutôt qu’à un nombre de centilitres garanti. Le tubo évoque un contenant haut et étroit. À l’inverse, quinto et tercio donnent des repères simples pour les bouteilles : respectivement 20 et 33 cl. Un tercio peut aussi être appelé mediana en Catalogne.
Pour découvrir les bières derrière ces commandes, poursuivez avec notre dossier sur la bière en Espagne, des grandes marques à la scène craft.
La bonne question au comptoir est courte : « ¿De cuántos centilitros es? » — combien de centilitres contient ce format ? Elle est particulièrement utile lorsque la carte propose plusieurs tailles sans volume bien visible.
Portugal et Belgique : le nom ne dit pas tout
Au comptoir : demandez une « imperial » dans le centre et le sud du Portugal, ou un « fino » dans le nord, pour la petite pression souvent servie en 20 cl. En Belgique, précisez d’abord la bière : une pils au fût et une spécialité en bouteille ne donnent pas le même service.

Au Portugal, une petite pression se commande couramment sous le nom d’imperial dans le centre et le sud, et de fino dans le nord. Le format de 20 cl figure sur des cartes de bars portugais, mais ces appellations ne dispensent pas de regarder la quantité proposée. Une imperial portugaise n’est pas une imperial pint britannique.
En Belgique, partir à la recherche d’un équivalent unique du demi français serait réducteur. La carte de La Machine, à Bruxelles, propose par exemple des bières pression en 25 et 50 cl. D’autres établissements et d’autres références utilisent leurs propres formats. La bière choisie et son mode de service donnent le contexte : pression au verre, bouteille individuelle ou bouteille à partager.
Allemagne : peut-on facilement commander une chope d’un litre ?
Oui, particulièrement dans les grandes brasseries et les Biergärten bavarois. Demandez une Maß (une portion d’un litre, soit 100 cl), servie dans un Maßkrug (la grande chope à anse). C’est le format emblématique de l’Oktoberfest de Munich. Il figure aussi sur les cartes de brasseries en dehors de la fête, aux côtés de services plus petits.

Pour 50 cl, vous rencontrerez notamment le mot Halbe (littéralement « moitié », ici un demi-litre). La carte du Hofbräuhaus de Munich illustre bien la coexistence du demi-litre et du litre. En revanche, la grande chope n’est pas le format ordinaire de toutes les villes allemandes : une commande à Cologne vous emmène dans un tout autre univers.
À Cologne, 20 cl et un sous-bock pour dire stop
À Cologne, la Kölsch se découvre classiquement dans une Stange de 20 cl, un verre étroit et droit. La brasserie Gaffel commercialise notamment ce format emblématique. Ce petit verre rappelle qu’une tradition brassicole ne se résume pas aux grandes chopes souvent associées à l’Allemagne.

Dans les Brauhäuser de Cologne (les tavernes de brasserie), le Köbes (le serveur traditionnel) peut remplacer votre verre vide sans nouvelle commande. Poser le sous-bock sur le verre indique que vous ne souhaitez plus de bière. Ce rituel est notamment décrit par la brasserie Früh.
En Tchéquie, le format et la mousse se commandent séparément
Au comptoir : la grande bière de 50 cl est le repère courant du pub tchèque traditionnel. « Malé pivo, prosím » permet de demander la petite, habituellement de 30 cl.

En Tchéquie, les appellations malé pivo et velké pivo désignent habituellement une petite bière de 30 cl et une grande de 50 cl. À cette question de taille s’ajoute une culture du service : Pilsner Urquell distingue notamment hladinka, šnyt et mlíko, qui jouent sur les proportions de bière liquide et de mousse. Ces mots décrivent des façons de tirer la bière ; ils ne constituent pas une simple liste de contenances.
Pour explorer ce que l’on trouve dans ces verres, retrouvez aussi notre article sur le retour des lagers.
Australie : le schooner change de taille en voyageant
Au comptoir : précisez la bière et la taille locale. Un schooner correspond souvent à 42,5 cl, mais à 28,5 cl en Australie-Méridionale.

Dans de nombreux États australiens, le schooner correspond à 42,5 cl, tandis que la pint atteint 57 cl. Le petit format de 28,5 cl peut se commander sous le nom de pot ou de middy, selon les usages locaux.
L’Australie-Méridionale réserve une surprise au visiteur : le schooner y désigne couramment 28,5 cl et la pint 42,5 cl. Le guide de la brasserie Stone & Wood détaille ces différences entre États. Même à l’intérieur d’un pays, connaître le nom du verre ne suffit donc pas toujours à connaître sa taille.
Girafe, botte, verre Kwak : les contenants qui sortent du rang
Certains noms annoncent une quantité ; d’autres décrivent surtout un objet. Une chope a une anse, mais le mot ne fixe pas à lui seul sa capacité. Une girafe et un verre en forme de botte obéissent à la même logique : il faut regarder le volume du modèle ou de la portion proposée.
La girafe : une réserve de table à partager
La girafe à bière est une haute colonne posée sur un socle, équipée d’un robinet pour remplir les verres. C’est un distributeur de table, pas un verre individuel. Des modèles de 3 litres (300 cl) sont notamment commercialisés par Triton. Certains comportent un système de refroidissement. Le nom « girafe » ne désigne toutefois pas une capacité universelle : la quantité commandée doit être précisée.

Le Bierstiefel : la bière dans une botte en verre
Le Bierstiefel (littéralement « botte à bière ») doit son nom à sa silhouette, avec une tige et un pied. On en trouve par exemple des versions de 50 cl et d’un litre dans la verrerie commercialisée sous la marque Hofbräuhaus. C’est un contenant spectaculaire, davantage qu’une unité de commande. Les récits de soldats et de serments qui circulent à son sujet mériteraient une enquête historique à part entière.

Le verre Kwak : un fond arrondi et son support en bois
Le verre associé à la bière belge Kwak possède une partie basse renflée et un long col. Son support en bois permet de le poser. Il existe notamment un modèle annoncé pour un service de 33 cl. Ici, la singularité vient de l’objet et de son association à une marque ; commander une Kwak renseigne d’abord sur la bière choisie.

Pichet, jug et palette de dégustation
Une palette peut permettre de comparer une IPA, une lager et une bière sour en petites portions.

Le pichet et le jug sont des contenants destinés à répartir la bière dans plusieurs verres. En Nouvelle-Galles du Sud, le guide de Stone & Wood présente par exemple un jug de 114 cl. Une palette de dégustation, ou flight (un assortiment de petits services), propose au contraire plusieurs bières : la carte doit préciser le nombre de verres et la quantité de chacun. Ni « pichet » ni « flight » ne permettent de deviner un volume valable partout.
Comment commander le format que l’on souhaite ?
Commencez par la carte : le volume y apporte une réponse plus précise qu’une traduction approximative. Pour une première découverte, demander le petit format disponible permet aussi de choisir sans supposer qu’un « petit » vaut partout 25 cl.
| Sur place | Une phrase utile | Ce que vous demandez |
|---|---|---|
| France | « Vous la servez en 25 cl ? » | Un volume précis. |
| Royaume-Uni | « A half pint, please. » | Une demi-pint impériale. |
| Espagne | « ¿Cuántos centilitros tiene la copa? » | La contenance de la copa proposée. |
| Portugal | « Quantos centilitros tem? » | Le volume du format. |
| Tchéquie | « Malé pivo, prosím. » | Une petite bière. |
| Australie | « How many millilitres is the schooner? » | La contenance locale du schooner. |
Le format indique la quantité ; le style aide à choisir le goût. Notre guide des styles de bière donne les repères pour comparer les familles.
Questions fréquentes
Une pinte fait-elle toujours 50 cl ?
Non. C’est un usage courant en France. La pint impériale vaut environ 56,8 cl et l’unité américaine environ 47,3 cl.
Quelle différence entre un demi et un galopin ?
En France, le demi correspond à 25 cl et le galopin généralement à 12,5 cl, soit la moitié de ce format.
Combien de cl contient une copa en Espagne ?
Il n’existe pas de contenance unique à retenir pour tous les bars : copa désigne un type de verre. Il faut consulter le volume proposé.
Une chope allemande contient-elle forcément un litre ?
Non. La Maß correspond à un litre ; « chope » décrit un contenant à anse qui peut exister dans plusieurs tailles. Le litre est facile à trouver dans de nombreuses brasseries bavaroises, sans être le format de toute l’Allemagne.
Combien de litres contient une girafe à bière ?
Le format de 3 litres est un exemple courant dans les catalogues professionnels, mais il existe plusieurs modèles. Regardez la capacité annoncée : une girafe sert à partager la bière dans des verres.
Le tercio est-il une bière pression ?
Il s’agit d’une bouteille de 33 cl. Pour une petite pression espagnole, le terme caña est plus courant.
Comment lire ces repères
Ce guide compare les appellations actuelles et des formats courants, sans recenser tous les usages régionaux. Les unités de mesure définies officiellement sont distinguées des noms employés au comptoir. Les contenances usuelles peuvent varier selon les établissements, les marques et les bières. Les équivalences impériales et américaines sont arrondies ; l’illustration compare des volumes, pas des dimensions de verres.



