pinteo

Bienvenue sur Pinteo

Avez-vous 18 ans ou plus ?

Pinteo parle de bière et de brasseries. L’accès au site est réservé aux personnes majeures.

Votre confirmation sera mémorisée : nous ne vous la redemanderons plus sur ce navigateur, sauf si ses données sont effacées. Sur un autre appareil ou en navigation privée, elle pourra être demandée à nouveau. Ce choix reste indépendant des cookies facultatifs.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

Bière en Espagne : des grandes marques à la scène craft, ce qui change

Grandes marques, scène craft, tourisme et taprooms : découvrez le marché de la bière en Espagne, ses chiffres et ses différences avec la France.

Pinteo Explique

Mahou, Estrella Damm, Estrella Galicia… Les grandes marques espagnoles sont familières aux voyageurs. Derrière elles, une autre Espagne brassicole fait vivre les IPA, les taprooms et les bières de dégustation. Comparée à la France, cette scène artisanale évolue dans un marché plus volumineux, mais beaucoup moins peuplé de brasseries.

Une petite bière à la pression, une tapa et quelques minutes au comptoir : la caña offre un point d’entrée dans la culture brassicole espagnole. Mais elle ne raconte qu’une partie du paysage. À Barcelone, Hernani ou Madrid, des brasseries ont construit leur identité autour de goûts plus variés et de lieux où découvrir leurs créations. Pour comprendre leur place, il faut regarder à la fois les volumes, les circuits de vente et les habitudes de consommation.

Un siècle de bière espagnole : des maisons régionales à la vague craft

Années 1920 : une industrie déjà installée

Au début du XXe siècle, plusieurs maisons qui structurent encore le marché existent déjà : Damm à Barcelone depuis 1876, Mahou à Madrid depuis 1890 et Estrella Galicia à La Corogne depuis 1906. En 1921, Damm lance Estrella Dorada, future Estrella Damm. Le 12 mai 1922, les fabricants créent leur association nationale. La chronologie de Cerveceros de España retrace cette organisation progressive d’une industrie issue de marques fortement liées à leurs villes.

Publicité d’archive Estrella Dorada présentant une bouteille et un verre de bière.
Estrella Dorada, lancée en 1921, deviendra Estrella Damm en 1991. Visuel d’archive : Damm.

Années 1930–1950 : guerre, pénuries et reconstruction

La guerre civile, puis les difficultés d’approvisionnement de l’après-guerre, bouleversent la production. Estrella Galicia raconte une interruption de son activité sous l’effet des pénuries, suivie d’une modernisation de ses machines et de l’embouteillage. L’autarcie pousse aussi le secteur à développer la culture du houblon en Espagne, notamment en Galice puis dans la région de León. Produire localement les ingrédients devient un enjeu industriel.

Années 1950–1970 : nouvelles usines et nouveaux formats

Les capacités s’élargissent : San Miguel ouvre à Lleida en 1957, Mahou inaugure une nouvelle usine madrilène en 1962 et Estrella Galicia déménage sa production à A Grela en 1972. Les recettes et les emballages évoluent aussi : Voll-Damm apparaît en 1955, Mahou Cinco Estrellas en 1969 ; Mahou fait évoluer ses canettes en 1970, Estrella Galicia adopte ce format en 1979. Cette évolution des emballages se retrouve dans notre dossier sur l’histoire des canettes de bière. Les archives de Mahou San Miguel montrent comment cette expansion accompagne une demande croissante.

Années 1980–2000 : le sans alcool prend place, les groupes se renforcent

Le sans alcool espagnol a déjà plusieurs décennies d’histoire. Estrella Galicia lance sa première bière sans alcool en 1980, et Free Damm arrive en 1989. En parallèle, les rapprochements changent l’échelle des producteurs : Mahou acquiert San Miguel en 2000, puis Alhambra en 2007. Les marques régionales s’intègrent à des ensembles disposant de plusieurs usines et de réseaux de distribution plus étendus.

Années 2000–2010 : redécouvrir le lieu de brassage

Le retour de Moritz en 2004, puis l’ouverture de la Fàbrica Moritz Barcelona au public en 2011, donnent une nouvelle vie à une marque historique et à son adresse barcelonaise. Dans les années 2010, les projets craft multiplient les IPA et les petites séries. L’étude AECAI publiée en 2021 estime leur production à 12,4 millions de litres en 2015, puis 22,4 millions en 2019. Basqueland commence à brasser en 2015 ; la même année, La Pirata ouvre ses propres installations après trois ans de production chez d’autres brasseurs. La bière se découvre aussi dans les bars spécialisés et les festivals.

Années 2020 : résister au choc, puis diversifier

La pandémie frappe une activité très liée aux sorties. L’étude AECAI passe de 22,4 millions de litres artisanaux en 2019 à 17,4 millions en 2020. La suite voit coexister grands groupes, petites brasseries, bars de marque et production sur place. L’ouverture de la brasserie-taproom d’Oso en septembre 2024 illustre cette recherche de contact direct avec le public ; les offres sans alcool, elles, trouvent leur place dans les gammes historiques comme chez les artisans.

L’Espagne produit deux fois plus de bière, la France compte bien plus de brasseries

En 2025, l’Espagne a produit 41,5 millions d’hectolitres, contre 21 millions en France, selon les séries publiées dans European Beer Trends 2026. Le contraste se retrouve dans le nombre de brasseries actives recensées : 268 en Espagne, contre environ 2 500 en France. Ces chiffres recensent les brasseries actives, toutes tailles confondues.

Production de bière de 2019 à 2025 : l’Espagne passe de 39,516 à 41,515 millions d’hectolitres et la France de 22,3 à 21 millions.
Production nationale, ensemble du secteur. Données : The Brewers of Europe, édition 2026, p. 9. Agrandir le graphique.

Le marché espagnol repose donc sur un tissu de producteurs beaucoup plus concentré. Le nombre élevé de brasseries françaises traduit une autre organisation : davantage d’entreprises réparties sur le territoire, dont les volumes peuvent rester modestes.

La taille du secteur ne le protège pas des changements d’habitudes. En 2025, les ventes des brasseurs sur le marché intérieur espagnol ont baissé de 1 %, à 38,2 millions d’hectolitres. Le recul atteint 2,4 % dans les cafés, hôtels et restaurants, tandis que le circuit alimentaire progresse de 0,4 %. La production et les ventes intérieures suivent donc des trajectoires différentes.

Échanges internationaux et consommation : où se place la bière ?

Importations et exportations : l’Espagne reste importatrice nette

En 2025, l’Espagne importe 5,56 millions d’hectolitres de bière et en exporte 3,64 millions, selon European Beer Trends 2026. L’écart atteint ainsi 1,92 million d’hectolitres. Les exportations rebondissent de 7,8 % par rapport à 2024, tandis que les importations diminuent de 3,7 %. Ces échanges concernent l’ensemble du secteur brassicole.

Évolution des importations et exportations de bière en Espagne de 2020 à 2025, en millions d’hectolitres.
Volumes de bière échangés, Union européenne et pays tiers réunis. Source : The Brewers of Europe, édition 2026, p. 16–17 et 20–21. Agrandir le graphique.

La France présente un écart plus important : 9,22 millions d’hectolitres importés pour 3,53 millions exportés en 2025. Ce contraste prolonge notre analyse des importations et exportations françaises de bière. Dans les deux pays, la production nationale coexiste avec une offre étrangère importante.

Bière, vin et spiritueux : une décennie d’évolution

Les données de l’Agencia Tributaria, actualisées jusqu’en 2025, permettent de suivre les volumes vendus sur le territoire espagnol. Ce marché comprend les achats des résidents comme ceux des visiteurs. Le graphique exprime les quantités en litres de boisson ; pour le vin, il additionne les vins tranquilles et effervescents.

Volumes vendus de bière, de vin tranquille et effervescent et de spiritueux et liqueurs en Espagne entre 2015 et 2025.
Millions de litres de boisson. Source : Agencia Tributaria, rapport annuel 2025, tableau 9.3, actualisé le 2 octobre 2026. Données 2024 et 2025 provisoires. Agrandir le graphique.

Entre 2015 et 2025, la bière progresse de 12,3 % en volume, contre 2,6 % pour le vin et 5,8 % pour les spiritueux et liqueurs. Le creux de 2020 est suivi d’un rebond. En 2025, les volumes enregistrés atteignent environ 3,97 milliards de litres de bière, 1,16 milliard de litres de vin et 279 millions de litres de spiritueux et liqueurs.

La dernière année marque un recul pour les trois familles : −1,6 % pour la bière, −5,0 % pour le vin et −0,3 % pour les spiritueux et liqueurs entre 2024 et 2025. Le poids de la bière s’est donc renforcé sur dix ans, dans un marché dont les volumes se sont récemment tassés.

Les habitudes des résidents : la bière arrive en tête

L’enquête EDADES 2024, présentée dans le rapport OEDA 2025, interroge les résidents de 15 à 64 ans sur leur consommation au cours des sept derniers jours. La bière est citée par 38,7 % des hommes et 22,1 % des femmes, devant le vin et les combinés alcoolisés à base de spiritueux.

Consommation déclarée au cours des sept derniers jours par les résidents espagnols de 15 à 64 ans en 2024, selon la boisson et le sexe.
Part des personnes interrogées de chaque sexe. Plusieurs boissons peuvent être citées. Source : EDADES 2024 / OEDA, rapport 2025, p. 37. Agrandir le graphique.

Le vin est cité par 16,8 % des hommes et 13,1 % des femmes ; les spiritueux en cocktails par 13,8 % et 7,1 %. La bière occupe ainsi la première place dans les usages déclarés des deux groupes, en cohérence avec son poids dans les volumes commercialisés.

Le tourisme, un moteur qui représente environ 30 % de la bière consommée

Environ trois bières sur dix consommées en Espagne le sont par des touristes, selon l’estimation reprise par Cerveceros de España dans son bilan 2025. Le tourisme fait donc partie intégrante de la demande brassicole : les hôtels, les restaurants, les bars et les terrasses servent à la fois les habitants et les visiteurs.

Cette place s’inscrit dans un afflux record. L’Institut national de statistique espagnol a recensé 96,8 millions de touristes internationaux en 2025, soit 3,2 % de plus qu’en 2024. Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne sont les trois premiers pays de résidence des visiteurs. Côté bière, le bilan sectoriel relève une hausse de 4,1 % de la consommation des touristes dans l’hôtellerie-restauration.

Le contexte de consommation compte autant que le nombre de visiteurs. Une bière accompagne un repas, une pause entre deux visites ou une soirée en terrasse. En Espagne, le rapport situe 64 % de la consommation dans les cafés, hôtels et restaurants, contre 36 % au domicile. Le réseau des lieux où l’on sert la bière occupe donc une place centrale dans la rencontre entre une marque et son public.

Pour la scène craft, l’enjeu est de devenir une étape du séjour. Un bar de brasserie dans un quartier animé, une visite avec dégustation ou un repas près des cuves offrent des occasions de découverte. Garage à Barcelone, Moritz à Sant Antoni et Oso à Madrid proposent chacun une porte d’entrée différente. Un visiteur peut arriver pour une adresse, découvrir plusieurs styles à la pression, puis repartir avec des canettes.

Le contraste entre les indicateurs est révélateur : en 2025, la consommation des touristes dans les établissements progresse, tandis que les ventes des brasseurs à l’ensemble du circuit hôtelier et de restauration reculent de 2,4 %. Les flux touristiques soutiennent donc une partie de l’activité dans un marché où les occasions de sortie et les dépenses des consommateurs évoluent.

Mahou, Damm, Heineken et Estrella Galicia : qui domine le marché ?

Les noms sur les enseignes des bars ne correspondent pas toujours aux noms des groupes. Mahou San Miguel rassemble notamment Mahou, San Miguel et Alhambra. Damm est le groupe d’Estrella Damm et de Voll-Damm. Heineken España porte notamment Cruzcampo, Amstel et El Águila. Quant à Hijos de Rivera, il est connu pour Estrella Galicia et 1906.

Production 2025 en Espagne : Mahou San Miguel 12,70 millions d’hectolitres, Damm 11,12, Heineken España 9,91 et Hijos de Rivera 5,64.
Les quatre premiers producteurs de bière en Espagne en 2025. Données : Cerveceros de España et MAPA, rapport 2025, p. 19. Agrandir le graphique.

Mahou San Miguel arrive en tête de la production espagnole, devant Damm, Heineken España et Hijos de Rivera, d’après le rapport socioéconomique 2025. Les volumes sont ceux de la bière fabriquée sur le territoire espagnol.

Ce paysage est différent de celui qu’évoque une liste de microbrasseries. Les grands producteurs disposent de gammes, de moyens industriels et de réseaux de distribution étendus. Une bière à l’identité régionale peut appartenir à un grand groupe ; inversement, une petite brasserie peut vendre bien au-delà de sa région. Pour lire la scène espagnole, le style, la taille et l’indépendance sont trois questions distinctes.

Bouteille Estrella Galicia Especial portant une étiquette noire et rouge.
Estrella Galicia Especial, l’une des références du groupe Hijos de Rivera. Visuel produit officiel : Estrella Galicia.

La craft espagnole progresse en volume, mais le secteur se resserre

Le rapport espagnol apporte un signal récent : les brasseries produisant moins de 50 000 hl par an ont accru leur production de près de 2 % en 2025, alors que leur nombre a diminué de 3 %. Le relevé regroupe ici les producteurs selon leur volume annuel. La progression des volumes n’efface donc pas les difficultés des entreprises.

En Espagne, parmi les brasseries de moins de 50 000 hectolitres annuels : 204 produisent jusqu’à 500 hl, 28 de 501 à 1 000 hl, 14 de 1 001 à 2 500 hl, 9 de 2 501 à 5 000 hl et 6 de 5 001 à 50 000 hl.
Répartition par taille de production annuelle en 2025. Données : Cerveceros de España et MAPA, p. 20. Agrandir le graphique.

En France, le bilan 2025 de Brasseurs de France recense 209 fermetures pour 213 ouvertures. Le marché s’est stabilisé après une baisse de 7 % entre 2022 et 2024, mais les coûts continuent de peser sur les brasseries. Dans les deux pays, la question n’est plus seulement de lancer de nouvelles recettes : il faut trouver des débouchés et garder un outil de production viable.

Quatre brasseries pour découvrir une autre Espagne brassicole

De Barcelone à Madrid en passant par le Pays basque, ces quatre brasseries illustrent la diversité des gammes et des façons de rencontrer le public.

Garage Beer Co : Barcelone, les IPA et les bars

Un verre de bière dorée coiffé de mousse porte les motifs Garage Barcelona.
Une bière servie dans un verre Garage Barcelona. Photographie officielle : Garage Beer Co.

Garage Beer Co associe sa gamme à plusieurs lieux barcelonais, notamment à Poblenou et près d’Universitat. Les IPA et les canettes font partie de son univers, mais son catalogue comprend aussi des lagers, des sours et des bières noires. Le bar permet de goûter une nouveauté avant de retenir le nom d’un style ou d’un houblon : la découverte passe ici par le lieu autant que par la bière.

Basqueland : la bière au contact de la gastronomie basque

Une canette Equinox de Basqueland et un verre de bière sur fond rose.
Equinox, une American Wheat Ale de Basqueland. Visuel : My Beers.

Installée à Hernani et active depuis 2015, Basqueland revendique un lien avec la culture gastronomique du Pays basque. Sa gamme explore notamment les Hazy IPA, les Double IPA, les lagers, les sours et les stouts. La présence d’une taproom donne aussi une dimension concrète à la visite : découvrir la bière là où elle est brassée.

Oso Brew Co : Madrid, les canettes et la lager

Une canette Bronco d’Oso Brew Co et un verre de bière sur fond beige.
Bronco, une bière d’Oso Brew Co. Photographie officielle : Oso Brew Co.

À Madrid, Oso Brew Co relie ses bières à un univers graphique et à des lieux de rencontre. Sa gamme comprend notamment Gold, une Helles Lager à 5 %. Cet exemple rappelle que la lager peut aussi faire partie d’une identité artisanale contemporaine. La distinction avec les grandes marques se joue alors dans la recette, le soin apporté au brassage et l’expérience de dégustation, un sujet que nous explorons dans notre dossier sur le retour de la lager dans la conversation craft.

Canette Modernismo et verre de bière Oso Brew Co.
Modernismo. Photographie officielle : Oso Brew Co.
Canette Minimalismo et verre de bière Oso Brew Co.
Minimalismo. Photographie officielle : Oso Brew Co.

La Pirata : de la production chez d’autres à sa propre brasserie

La Pirata, à Súria en Catalogne, raconte un parcours familier aux artisans français : trois années de fabrication dans d’autres brasseries avant l’ouverture de ses propres installations en 2015. Cette trajectoire montre comment une marque peut tester ses bières et construire son public avant d’investir dans des cuves. Elle rappelle aussi que la scène catalane dépasse les seuls bars de Barcelone.

Les IPA rapprochent les artisans français et espagnols

L’enquête Independent Brewers of Europe 2026, réalisée à l’automne 2025, apporte un point de comparaison : 67 % des répondants français et 60 % des répondants espagnols citent les IPA comme leur style le plus populaire.

Les festivals rendent cette diversité visible. Le Barcelona Beer Festival a tenu sa quinzième édition du 10 au 12 avril 2026. Ces rendez-vous permettent de rencontrer plusieurs producteurs, de comparer leurs bières et de découvrir des recettes venues d’autres régions ou d’autres pays.

Brewpubs et taprooms : la bière se découvre aussi là où elle est brassée

Les termes recouvrent des expériences différentes. Une taproom est un espace de dégustation associé à une brasserie, souvent sur le site de production. Un brewpub réunit brassage et service de restauration ou de bar dans un même établissement. Un bar de marque peut, lui, servir les bières d’un producteur fabriquées ailleurs. En Espagne, ces trois modèles coexistent.

Moritz : des cuves au restaurant, au cœur de Barcelone

La Fàbrica Moritz Barcelona, ouverte au public en 2011 après sa transformation par Jean Nouvel, illustre le modèle du brewpub. Les bières sont élaborées dans les cuves situées sous l’espace de restauration, puis acheminées directement aux tireuses. La cuisine de Jordi Vilà, les visites avec dégustation et les recettes du Beer Lab relient production, repas et découverte. Une marque historique devient ainsi une adresse à visiter.

Un verre Moritz est rempli à la tireuse devant les cuves.
À la Fàbrica Moritz Barcelona, la bière rejoint les tireuses depuis les cuves. Photographie officielle : Moritz.

Basqueland et Oso : la taproom au contact de la production

À Hernani, Basqueland décrit un espace de type biergarten, avec vue sur la brasserie, six becs de service et une offre de canettes et de bouteilles à emporter. L’intérêt est de goûter plusieurs créations et de voir le lieu où elles prennent forme. À Alcobendas, près de Madrid, Oso a ouvert sa première usine en septembre 2024 avec une taproom. Elle complète La Osita, son bar du quartier de La Latina : une adresse dans la ville, une autre au plus près des cuves.

Deux verres de bière Oso sont remplis à la pression.
Le service à la pression chez Oso Brew Co. Photographie officielle : Oso Brew Co.

Garage : plusieurs points de rencontre dans la ville

Garage dispose de lieux à Poblenou, près d’Universitat et au Mash Bar. Son site de Sant Andreu accueille une taproom ouverte à l’occasion d’événements. Ce fonctionnement permet de découvrir les bières dans plusieurs quartiers, puis de se rendre au site de production pour une occasion particulière. La marque construit un réseau de rendez-vous plutôt qu’une seule adresse.

Les grands groupes investissent aussi cette expérience

À Málaga, La Fábrica associe Grupo Premium et Cruzcampo. Le lieu annonce 1 200 m², deux maîtres brasseurs et sept variétés élaborées sur place, avec restauration, concerts et dégustations. Ce brewpub illustre l’intérêt des grands groupes pour des recettes locales et un lieu où les visiteurs peuvent voir les brasseurs travailler.

Ces établissements offrent aux producteurs un espace pour présenter une recette, vendre à la pression et faire connaître leurs autres bières. Pour le public, ils rendent la découverte concrète : observer les cuves, échanger sur un style, comparer plusieurs verres et associer une bière à un plat. Ils prolongent la culture espagnole du bar en donnant davantage de place au produit et à celles et ceux qui le fabriquent.

Le sans alcool, une diversification déjà bien ancrée

Le sans alcool est déjà bien installé en Espagne : le bilan sectoriel annonce une hausse des ventes de 4,6 % en 2025 et lui attribue 14 % de la consommation. En France, il a progressé de 11,5 % et représente près de 6 % des volumes en grande distribution. Les chiffres français portent sur la grande distribution ; le bilan espagnol décrit la consommation nationale.

Les artisans participent à cette diversification. Chez Garage, Adrenalina est une IPA à 0,5 % d’alcool. Basqueland distingue aussi des offres sans alcool et d’eau houblonnée dans son catalogue. L’eau houblonnée élargit cette offre à des boissons aromatisées au houblon, en utilisant un savoir-faire déjà présent dans la brasserie.

Photo à la une : Oso Brew Co. Données : bilans 2025 et enquêtes citées dans l’article.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *