Un dragon sur la façade et des bières en fermentation dans un ancien souterrain militaire. De la rue Saint-Georges au bastion du même nom, les archives racontent l’histoire d’une brasserie cambrésienne disparue.

L’essentiel
- Le bastion Saint-Georges est construit entre 1563 et 1567.
- Après le démantèlement des fortifications, la brasserie utilise la galerie pour ses bières en fermentation jusque dans les années 1950.
- En 1947, l’Inventaire relève une production de 25 000 hectolitres. L’activité cesse vers 1953.
Avant la bière, les canons
Construit peu après la citadelle, le bastion Saint-Georges avançait vers la campagne en forme de pointe de flèche. Dans ses flancs, des casemates accueillaient les canons en cas de siège. Une longue galerie de briques permettait de circuler de l’une à l’autre.
À la fin du XIXᵉ siècle, les remparts entourent encore Cambrai. Après leur démantèlement, la brasserie Saint-Georges, installée tout près, aménage le passage pour y entreposer des bières en fermentation.


Une brasserie sous le signe du dragon
Au 66 bis de la rue Saint-Georges, une statue de saint Georges à cheval terrasse le dragon dans une niche de la façade. Le bâtiment a été reconstruit au XIXᵉ siècle, après la destruction de la brasserie précédente par un ouragan. Selon la tradition orale recueillie par l’Inventaire, une première brasserie aurait été bâtie sur le site en 1770.
ASPECambrésis relève le nom d’une bière de la maison, « Au fonds Saint Georges ». L’Inventaire donne une idée de la taille de l’établissement. Il produit 20 000 hectolitres en 1927. En 1947, la malterie fonctionne encore et la production atteint 25 000 hectolitres, soit 2,5 millions de litres.

Ce qui se passait sous les briques
Après le brassage, le brasseur refroidit le moût, le liquide sucré issu des céréales, puis y ajoute les levures. Elles consomment une partie des sucres et produisent de l’alcool, du gaz carbonique et des composés qui contribuent aux arômes de la bière. Le brasseur suit la température et la densité pour surveiller la fermentation.
Le dossier patrimonial souligne l’intérêt de la température stable des souterrains cambrésiens. Pour Saint-Georges, l’Inventaire indique qu’en 1947 la bière était de fermentation haute et conditionnée en bouteilles. Les archives laissent ouvertes la date du premier usage brassicole de la galerie et la nature des contenants employés sous terre.

Après la fermeture, deux traces de la même histoire
L’activité cesse vers 1953 et les bâtiments sont vendus cette année-là. La façade survit aux changements d’usage. En 2004, ASPECambrésis distingue Pierre Vanesse et Alain Demarquette pour la restauration de l’ancienne brasserie. En surface, le dragon rappelle l’atelier. Sous terre, la galerie raconte comment la brasserie a réutilisé un ouvrage militaire.

À Cambrai le samedi 7 novembre 2026
La visite guidée Les Mouss’aillons du patrimoine est annoncée à 16 h au départ de la porte de Paris. L’accès à la galerie Saint-Georges reste à confirmer. Voir la fiche et réserver
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Sources & méthode
Les souterrains de Cambrai pour l’usage de la galerie, la notice Mérimée IA59000114 pour les chiffres de production et ASPECambrésis pour la façade et la bière.



