L’essentiel
43 % des répondants ayant fréquenté le CHR déclarent avoir consommé de la bière dans l’édition d’août de Pulse ; 16 % citent le sans ou faiblement alcoolisé. Ce sont des déclarations, pas des parts de marché.
260,5 millions de nuitées sont recensées de mai à août 2026 dans les hébergements collectifs, soit +1,1 % sur un an. Ce contexte touristique ne permet pas de calculer son effet sur les commandes de bière.
Pour les professionnels : rendre la carte lisible, proposer une découverte facile à comprendre et vérifier les résultats dans les ventes de chaque établissement.
La bière conserve une place centrale dans les sorties des consommateurs français. Dans l’édition d’août 2026 du baromètre Pulse de CGA by NielsenIQ, elle reste la catégorie la plus citée : 43 % des répondants ayant fréquenté les cafés, hôtels et restaurants déclarent en avoir consommé. Mais les choix de boissons et les conditions de fréquentation invitent à regarder au-delà de ce classement. [1]
Le tourisme apporte un éclairage supplémentaire. L’Insee recense une nouvelle hausse des nuitées estivales, avec des évolutions différentes selon les territoires. Pour les bars et les brasseries, l’enjeu consiste à comprendre les occasions de visite et les envies des clients, puis à les confronter aux ventes de leur établissement.
La bière reste première, avec un pic dans l’édition de juillet
Les éditions estivales de Pulse montrent une présence toujours forte de la bière : 40 % dans celle de juin, 45 % en juillet et 43 % en août. L’eau en bouteille passe de 30 à 33 puis 35 %. Le sans ou faiblement alcoolisé évolue de 14 à 13 puis 16 %. Ces séries décrivent la consommation déclarée au cours du mois écoulé. [1] [2] [3]
| Boisson | Juin | Juillet | Août |
|---|---|---|---|
| Bière | 40 % | 45 % | 43 % |
| Eau en bouteille | 30 % | 33 % | 35 % |
| Sans / faiblement alcoolisé | 14 % | 13 % | 16 % |

La lecture est plus nuancée qu’une progression continue : la bière culmine dans l’édition de juillet, tandis que l’eau augmente sur ces trois observations. En août, la bière et le No/Low gagnent chacun trois points sur un an ; l’eau en gagne cinq. Trois éditions ne suffisent cependant pas à établir une tendance durable. [1]
Ces pourcentages ne sont ni des parts de chiffre d’affaires ni des parts des litres vendus. Un répondant peut avoir consommé plusieurs catégories. L’édition d’août repose sur 750 adultes interrogés du 13 au 17 août 2026, fréquentant habituellement le CHR au moins une fois par trimestre. Elle ne constitue donc pas un bilan des achats de tout le mois. [1]
Tourisme : davantage de nuitées, des retombées variables selon les lieux
D’après l’Insee, les hébergements collectifs français ont enregistré 260,5 millions de nuitées de mai à août 2026, soit une hausse de 1,1 % sur un an. Ce périmètre rassemble hôtels, campings et autres hébergements collectifs, et exclut les locations entre particuliers. Les données de juillet et août 2026 sont provisoires. [4]
| Saison (mai–août) | Nuitées, en millions |
|---|---|
| 2019 | 241,4 |
| 2022 | 248,8 |
| 2023 | 249,8 |
| 2024 | 248,6 |
| 2025 | 257,8 |
| 2026 | 260,5 |

La hausse nationale masque des différences locales. La fréquentation augmente sur le littoral et en montagne, mais recule dans les zones urbaines denses. Elle est portée par la clientèle résidente ; celle des non-résidents stagne sur l’ensemble de la saison. Le tourisme estival ne se résume donc pas aux visiteurs étrangers. [4]
Rapprocher ces chiffres de ceux du CHR aide à décrire le contexte. Les deux enquêtes ne suivent toutefois ni les mêmes personnes ni exactement les mêmes périodes. L’une compte des nuitées, l’autre recueille des déclarations de consommateurs. Elles ne permettent pas de calculer l’effet du tourisme sur les commandes de bière.
Pour une brasserie qui vend aux établissements d’une station balnéaire ou d’une ville touristique, la piste utile consiste à examiner les données de son territoire. Une hausse nationale ne préjuge pas de la fréquentation d’une terrasse, et une nuitée supplémentaire ne correspond pas automatiquement à une consommation au bar.
Ce que les ventes réelles ajoutent au sondage
Les tickets de caisse apportent une autre lecture. Fyre compare la semaine du 22 au 28 juin 2026 à celle du 8 au 14 juin, sur les mêmes établissements pour chaque catégorie. Dans ce panel, les volumes de bière varient de −0,3 %, tandis que sa part parmi les boissons vendues gagne 1,2 point. Le volume total des boissons recule de 5,5 %. Source : analyse Fyre de la canicule de juin 2026.
Une bière peut donc peser davantage dans les ventes sans se vendre en plus grande quantité. Cette comparaison de deux semaines ne démontre pas, à elle seule, un effet causal de la chaleur. Le panel, compris entre 3 300 et 3 600 établissements selon les catégories, n’est pas redressé pour représenter tout le CHR français. Ces résultats restent séparés du sondage Pulse et des nuitées touristiques.
Découverte, sans alcool et budget : faciliter le choix
Un groupe peut associer des amateurs de bière, des clients curieux d’une nouveauté et d’autres qui souhaitent une boisson sans alcool. Les attentes peuvent aussi changer au cours d’une sortie. L’évolution de l’eau et du No/Low ne démontre pas qu’ils remplacent systématiquement la bière.
Sur la carte, préciser le goût attendu, le degré d’alcool, le format et le prix aide chaque client à choisir, y compris lorsqu’il découvre une brasserie locale.
Pour une brasserie, cela peut se traduire par une présentation courte de ses références, utilisable par les équipes au comptoir. L’origine du produit peut compléter la description du goût. Une phrase sur le lieu de brassage ne remplace pas une explication de ce que le client trouvera dans son verre.
Donner des repères pour découvrir une bière
Dans la synthèse publiée par la Fédération nationale des boissons, 34 % des consommateurs disent avoir essayé une nouvelle boisson, une proportion atteignant 64 % parmi les répondants de la génération Z. Les cocktails devancent le vin et la bière parmi les découvertes de l’ensemble des personnes ayant expérimenté. Ce classement ne porte pas uniquement sur les jeunes. [5]
Ces résultats n’indiquent pas un abandon de la bière. Ils suggèrent un sujet de travail : rendre une nouveauté facile à choisir. « Saison », « sour » ou « double IPA » parlent aux amateurs, mais peuvent laisser d’autres clients hésitants. Quelques mots — sèche et poivrée, acidulée et fruitée, amère et résineuse — donnent un premier repère.
Notre guide des bières sour illustre cette diversité : deux références d’une même grande famille peuvent offrir des expériences très différentes. Au comptoir, une question sur les goûts recherchés peut aider davantage qu’une longue liste de termes techniques.
Un budget à interpréter avec précaution
La dépense mensuelle moyenne déclarée passe de 79 € dans l’édition de juillet à 73 € dans celle d’août. Cet indicateur couvre les dépenses pour manger et boire à l’extérieur. Il ne mesure ni le budget consacré uniquement aux boissons ni le ticket moyen d’une visite. [1]
Cette variation ne suffit pas à expliquer les arbitrages de chaque clientèle. Elle invite néanmoins à vérifier ce que le client comprend avant de commander. Le volume est-il visible ? Le prix est-il indiqué sans ambiguïté ? La différence entre deux références est-elle facile à saisir ?
Trois situations concrètes pour les bars et les brasseries
Ces situations sont des exemples de mise en pratique, pas des témoignages ni des résultats mesurés par les études.
Un bar dans une destination touristique
Un visiteur découvre une carte de dix bières locales dont il ne connaît aucun nom. Tester une courte description par référence : « blonde sèche, notes de céréales, amertume légère », avec degré, volume et prix. Traduire ces repères dans la langue des visiteurs réellement accueillis. Pendant quatre semaines, noter les références commandées et les questions qui reviennent : l’objectif est de voir si le choix devient plus facile, sans présumer d’une hausse des ventes.
Un café urbain pendant les fortes chaleurs
Comparer les commandes par créneau : déjeuner, après-midi et soirée. Si la clientèle se décale, ajuster les quantités préparées et la disponibilité au frais des boissons, y compris sans alcool. Suivre les litres vendus, le chiffre d’affaires et les ruptures par catégorie. Comparer des jours de semaine similaires et consigner météo, événements et vacances ; une variation de ventes ne peut pas être attribuée automatiquement à la température.
Une brasserie qui fournit plusieurs types d’établissements
Séparer le suivi d’un café de quartier, d’un restaurant touristique et d’un bar spécialisé. Pour chaque circuit, relever les volumes livrés, les retours, les stocks disponibles et le délai entre deux réassorts. Une commande supplémentaire peut reconstituer un stock sans traduire une hausse des consommations. Adapter les fiches de présentation aux références effectivement proposées et vérifier les réassorts sur plusieurs semaines.
Mesurer les résultats pendant plusieurs semaines. Suivre les commandes, les réassorts, la marge et les commentaires des clients. Noter aussi les ruptures, les événements, les vacances et la météo pour interpréter les écarts entre deux périodes. Ces propositions sont des pistes éditoriales à tester ; le sondage n’en mesure pas l’efficacité.
Du baromètre national au comptoir local
Un bar spécialisé, un restaurant et un café de quartier n’accueillent pas les mêmes occasions de consommation. Le baromètre fournit un contexte ; le suivi de l’établissement permet de décider. Les visiteurs de passage peuvent renforcer l’intérêt d’une offre locale identifiable, mais cette hypothèse doit être confrontée aux commandes.
Pour une brasserie artisanale, la discussion avec les clients professionnels peut commencer simplement : quelles bières sont recommandées spontanément ? Lesquelles demandent une explication ? Quels formats sont faciles à proposer ? Une référence familière peut servir de repère, tandis qu’une bière éphémère ouvre la découverte.
Notre dossier sur le retour de la lager prolonge cette réflexion. Pour retrouver les producteurs et leurs gammes, consultez la carte des brasseries françaises.
Sources et méthode
Article préparé le 21 octobre 2026 à partir des rapports originaux Pulse CHR France et de l’Insee. Les rapprochements avec le tourisme constituent une mise en perspective, sans démonstration d’un lien de causalité. Les graphiques sont réalisés par Pinteo à partir des valeurs publiées. L’image de une est une illustration générée par IA.



