pinteo

Bienvenue sur Pinteo

Avez-vous 18 ans ou plus ?

Pinteo parle de bière et de brasseries. L’accès au site est réservé aux personnes majeures.

Votre confirmation sera mémorisée : nous ne vous la redemanderons plus sur ce navigateur, sauf si ses données sont effacées. Sur un autre appareil ou en navigation privée, elle pourra être demandée à nouveau. Ce choix reste indépendant des cookies facultatifs.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

Marston’s : fermeture envisagée de la brasserie de Burton

Carlsberg envisage de fermer Marston’s à Burton en 2027. Emplois, marques, cask ale et patrimoine : comprendre les enjeux du projet.

L’essentiel

  • Carlsberg Britvic propose de fermer la brasserie Marston’s de Burton upon Trent et sa principale activité logistique à l’été 2027.
  • Le projet est soumis à consultation et concerne environ 310 salariés.
  • Certaines marques resteraient chez Carlsberg ; le groupe recherche d’autres propriétaires pour une partie de ses bières régionales.
  • CAMRA conteste cette décision et appelle à préserver le site et ses savoir-faire.

Une bière peut continuer d’exister après la fermeture de la brasserie qui la produit. Une marque peut être conservée, une production transférée, une recette reprise. Mais les emplois, les équipements et le lien avec une ville suivent un autre calendrier. Le projet annoncé le 8 octobre par Carlsberg Britvic à Burton upon Trent met ces différences au premier plan.

À Burton, près de deux siècles d’histoire

John Marston fonde son entreprise brassicole en 1834. Elle s’installe sur le site de Shobnall Road en 1898. L’annonce concerne donc un lieu inscrit de longue date dans l’histoire industrielle de la ville, pas uniquement une unité de production récente. [1]

Burton est aussi associée à un équipement de fermentation particulier : le Burton Union. Ses fûts en bois reliés entre eux ont marqué la fabrication des ales britanniques. Ce patrimoine technique avait déjà changé de trajectoire avant le projet de fermeture de 2026.

En janvier 2024, Carlsberg Marston’s annonce le retrait des quatre ensembles encore actifs à Marston’s. Quelques mois plus tard, Thornbridge en récupère un, en collaboration avec le groupe et avec l’appui de Garrett Oliver, maître brasseur de Brooklyn Brewery. [3]

Bouteille de Marston’s Pedigree, pale ale britannique
Marston’s Pedigree. Visuel officiel Carlsberg Britvic.

Pourquoi Carlsberg veut fermer le site

Carlsberg Britvic avance une baisse structurelle du marché des ales et la nécessité de concentrer ses investissements sur les catégories où la demande est plus forte. Son directeur général, Paul Davies, affirme que les volumes britanniques de cask ale ont diminué de plus de moitié en moins de dix ans. C’est le diagnostic présenté par l’entreprise pour justifier son projet. [2]

Il faut distinguer ce segment de l’ensemble du marché de la bière : la difficulté invoquée concerne les ales, particulièrement le cask, et non une disparition générale de la consommation brassicole.

Le groupe prévoit de maintenir la brasserie et sa logistique en fonctionnement pendant la transition. La fermeture envisagée pour l’été 2027 reste soumise à consultation. [2]

Une brasserie, ses marques et ses pubs : trois réalités différentes

Carlsberg et Marston’s avaient constitué une coentreprise brassicole en 2020. Carlsberg détenait initialement 60 % ; il a acquis les 40 % restants en 2024. Les pubs de Marston’s n’étaient pas inclus dans cette activité brassicole. [1]

Cette séparation est essentielle pour comprendre l’annonce. Elle concerne le site industriel détenu par Carlsberg Britvic. Elle ne signifie pas la fermeture du réseau de pubs Marston’s.

Cette distinction éclaire aussi les mutations des pubs londoniens et de leur modèle économique.

Le groupe entend conserver Hobgoblin, McEwan’s et Brooklyn dans son portefeuille. Pour d’autres marques de cask et d’ales régionales, il recherche des propriétaires capables de leur apporter une attention spécialisée. [2]

La pérennité d’une marque et celle d’un site ne se confondent donc pas. Pour le consommateur, le même nom sur une bouteille ne renseigne pas à lui seul sur l’endroit où la bière est brassée.

Hobgoblin Ruby, marque que Carlsberg prévoit de conserver
Hobgoblin Ruby fait partie des marques que Carlsberg souhaite conserver. Visuel officiel Hobgoblin.

Les changements de propriétaires peuvent également transformer la stratégie d’une brasserie, comme le montre notre dossier sur l’ascension et la crise du modèle BrewDog.

CAMRA défend une autre lecture du marché

L’association de consommateurs CAMRA réagit vivement. Elle met en avant les conséquences pour Burton, les salariés et le patrimoine brassicole. Elle renouvelle aussi sa demande d’enquête sur la concentration du marché britannique auprès de l’autorité de concurrence. [2]

Son président, Ash Corbett-Collins, souhaite que des brasseurs indépendants puissent reprendre les bières concernées et espère une préservation du site. Cette position relève d’une défense du patrimoine et de la diversité de l’offre ; elle ne constitue pas l’annonce d’un accord de reprise.

Le désaccord dépasse ainsi le seul calendrier de fermeture : quelles entreprises peuvent donner un avenir aux bières régionales, et quelle place leur réserver dans un marché dominé par de grands portefeuilles ?

Fermentation dans le Burton Union chez Thornbridge
Le Burton Union en fermentation chez Thornbridge. Photo officielle Thornbridge.

Chez Thornbridge, un outil historique produit encore de la bière

Le transfert d’une partie du Burton Union à Thornbridge fournit un exemple concret. Dans son annonce du 7 mai 2024, la brasserie de Bakewell explique vouloir utiliser l’équipement, et non seulement l’exposer. Jaipur, son IPA emblématique, doit inaugurer cette nouvelle utilisation, suivie d’autres recettes et collaborations. [3]

Jaipur brassée sur le Burton Union chez Thornbridge
Jaipur, l’IPA de Thornbridge, brassée sur le Burton Union récupéré en 2024. Photo officielle Thornbridge.

Un patrimoine industriel peut ainsi continuer à servir la production, à condition qu’un autre acteur choisisse de lui consacrer des moyens. Ce sauvetage partiel ne règle pas l’avenir de Marston’s, mais montre la différence entre conserver un objet et transmettre une pratique.

Pour Burton, l’enjeu reste désormais très concret : le devenir des salariés, du site et des bières qui y sont produites. C’est sur ces trois dimensions que les suites de la consultation permettront de mesurer la portée réelle du projet.

Sources

[1] ITV / Press Association, 8 octobre 2026 : projet de fermeture et histoire du site.

[2] CAMRA, 8 octobre 2026 : réaction de l’association et lettre intégrale de Paul Davies. Communiqué Carlsberg Britvic du même jour.

[3] Thornbridge, 7 mai 2024 : récupération et utilisation du Burton Union.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *