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Vendre sa bière en ligne : la checklist réglementaire d’une brasserie

Licence, majorité, informations produit, rétractation en ligne et expédition : les contrôles à réaliser avant d’ouvrir une boutique de bière en France.

L’essentiel

  • Une boutique en ligne engage la brasserie sur le produit, le paiement, la livraison et les réclamations.
  • Vérifier la licence, la protection des mineurs, les informations produit et les conditions de vente.
  • Relier commandes, lots et incidents permet d’organiser le suivi après expédition.
  • Le guide vise principalement les ventes à des particuliers en France.

Une boutique en ligne est un circuit de vente à part entière : elle engage la brasserie sur l’information produit, le paiement, la livraison et le traitement des réclamations. Avant de l’ouvrir, il faut vérifier que la promesse faite sur l’écran peut être tenue jusqu’à la remise du colis.

Cette checklist concerne principalement une brasserie établie en France qui vend des bières conditionnées à des particuliers en France. Les ventes transfrontalières, abonnements et prestations de visite appellent des vérifications supplémentaires. Les sources réglementaires ont été consultées en octobre 2026 ; faites valider les situations particulières par les interlocuteurs compétents.

1. Définir qui vend, où et sous quelle licence

Identifiez le vendeur juridique, les territoires livrés et les boissons proposées. La vente d’alcool par internet relève de la vente à emporter. Vérifiez la licence et les formalités correspondant à votre situation, ainsi que les règles supplémentaires si vous envisagez la vente nocturne. Une autorisation de production ne permet pas de déduire à elle seule toutes les autorisations de vente.

Rendez accessibles l’identité et les coordonnées de l’entreprise, les mentions légales et les conditions générales de vente. Décrivez les délais, le paiement, les garanties applicables, les réclamations et les coordonnées du médiateur de la consommation dont vous relevez. Copier les CGV d’un autre site risque de vous faire annoncer un service ou des conditions qui ne sont pas les vôtres.

2. Organiser la protection des mineurs jusqu’à la remise

La vente d’alcool aux mineurs est interdite. L’article L3342-1 prévoit que la personne qui délivre la boisson exige la preuve de la majorité. Le sujet ne se limite donc pas à une fenêtre « J’ai plus de 18 ans » à l’entrée du site.

Définissez avec votre prestataire de livraison ou votre équipe de retrait la procédure de contrôle, le traitement d’un refus et les modalités de remise. Vérifiez que le service choisi permet effectivement cette organisation. Limitez les données d’identité collectées à ce qui est nécessaire et documentez leur traitement. Un avertissement affiché ne remplace pas une procédure opérationnelle.

3. Faire correspondre la fiche produit et le produit expédié

Vérifiez les informations obligatoires applicables avant l’achat : dénomination, quantité nette, titre alcoométrique, allergènes, opérateur responsable et autres mentions requises selon le produit. Une photo d’étiquette illisible sur téléphone n’est pas une solution satisfaisante. Présentez ces données en texte et contrôlez leur cohérence avec l’étiquette validée.

Le nom d’un style ne remplace pas nécessairement la dénomination réglementaire. Les mentions « sans alcool », « sans gluten », « bio » ou « artisanal » ne sont pas de simples arguments rédactionnels : vérifiez les conditions de leur emploi. Les enquêtes de la DGCCRF ont notamment relevé des anomalies sur les allergènes, le degré et l’étiquetage des bières.

Pour les assortiments, donnez le contenu exact et les informations de chaque référence. Si vous devez remplacer une bière, ne substituez pas silencieusement un produit présentant d’autres caractéristiques. Organisez une validation de la fiche à chaque changement de recette, de format ou de visuel.

4. Tester un panier sans surprise

Affichez les prix TTC et le prix à l’unité de mesure lorsque requis, notamment au litre pour les produits concernés. Le client doit connaître les frais, restrictions et délais de livraison avant de s’engager. Le récapitulatif doit lui permettre de corriger références, quantités et adresse.

Le bouton final doit exprimer sans ambiguïté l’obligation de payer. La confirmation doit ensuite restituer les informations contractuelles sur un support durable. Testez les emails et le contact de service client, pas seulement la page de paiement réussi.

Si vous proposez le retrait à la brasserie, précisez à partir de quand la commande est prête, les horaires et le traitement des commandes non retirées. Réservez le stock : une bouteille vendue au comptoir ne doit pas rester simultanément disponible dans une commande déjà payée.

5. Prévoir la rétractation, y compris en ligne

Le droit de rétractation de quatorze jours s’applique en principe aux ventes à distance aux consommateurs, sous réserve des exceptions légales. Ne supprimez pas ce droit pour toute votre gamme au seul motif qu’il s’agit d’aliments ou d’alcool. Les exceptions ont des conditions précises ; l’exception spécifique à certaines boissons alcoolisées livrées après plus de trente jours et liées aux fluctuations du marché ne vise pas automatiquement un carton de bière expédié normalement.

Depuis le 19 juin 2026, les contrats conclus via une interface en ligne et ouvrant droit à rétractation doivent permettre de l’exercer par une fonctionnalité en ligne visible et facilement accessible pendant le délai applicable. Prévoyez aussi l’accusé de réception correspondant. Un PDF de formulaire disponible dans les CGV ne couvre donc pas à lui seul ce nouveau besoin.

Documentez le retour, les frais annoncés, le remboursement et la gestion d’un colis endommagé. Ne confondez pas rétractation et réclamation pour défaut ou erreur de livraison : ce sont des situations différentes.

6. Relier commandes, lots et incidents

À la préparation, enregistrez les lots expédiés, les références et les quantités. Vérifiez l’intégrité des contenants, les dates et les conditions de conservation. En cas d’alerte qualité, votre équipe doit retrouver les commandes concernées et les coordonnées utiles, sans reconstruire l’historique à partir des factures une par une.

Testez l’emballage avec les formats réellement vendus : assortiment de bouteilles, canettes, carton complet. Définissez une procédure pour casse, colis refusé, retard et erreur de contenu. Les essais doivent inclure le temps de préparation et le coût de remplacement, pas seulement le prix du carton.

7. Chiffrer la contribution d’une commande

Exemple fictif, HT : une commande rapporte 40 € de produits et 5 € de participation au transport. Les produits coûtent 20 €, l’emballage 2 €, la préparation 3 €, le paiement 1 € et le transport 9 €. Il reste 10 € avant les autres charges fixes et les éventuels incidents.

Si le port est offert sans changement de panier, cette contribution tombe à 5 €. Un seuil de livraison gratuite doit donc être calculé, avec le poids et les frais réels, puis testé sur les différentes tailles de panier. Une moyenne peut cacher des commandes déficitaires vers certaines destinations.

La SIBA observe au Royaume-Uni l’importance des boutiques en ligne parmi les débouchés directs. Cela ne prouve pas que toutes les commandes sont rentables. Le principe de suivi des coûts, également développé par les professionnels américains du secteur, doit être adapté à vos tarifs, votre fiscalité et vos colis.

8. Encadrer la communication et les données

La présentation commerciale des bières reste soumise au cadre français de la publicité sur l’alcool : contenu, support et message sanitaire applicable. Une recette ou une description gustative factuelle ne justifie pas d’ajouter des promesses de réussite sociale ou de bénéfice pour la santé.

Séparez les messages nécessaires à la commande de la prospection. Prévoyez le consentement requis pour la newsletter et une désinscription simple ; n’inscrivez pas automatiquement tous les visiteurs. Vérifiez aussi les informations de confidentialité et le paramétrage des traceurs avec votre prestataire.

La recette de contrôle avant ouverture

  • Passer une commande test sur téléphone, avec une adresse réellement desservie.
  • Comparer prix, frais, délais et contenu de l’email reçu.
  • Préparer le colis et retrouver son lot dans le suivi.
  • Tester le contrôle de majorité au retrait ou dans le dispositif de livraison.
  • Exercer une rétractation et vérifier l’accusé de réception.
  • Simuler une casse et une rupture de stock, avec un responsable identifié.

Avant d’activer une livraison hors de France, vérifiez le régime d’accises, la TVA et les obligations du pays de destination. La Douane décrit des démarches propres à la vente à distance intracommunautaire d’alcool : une option de pays dans le logiciel de boutique ne suffit pas à les remplir.

Retrouvez les méthodes de prix et d’organisation commerciale dans les ressources Pinteo pour les brasseurs.

Sources et repères

Mis à jour le 7 octobre 2026. Les exemples chiffrés sont fictifs ; ils illustrent une méthode et ne constituent pas des moyennes du secteur.

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