Marston’s a nommé SQE comme partenaire stratégique pour l’approvisionnement en électricité de son parc britannique de pubs, bars et inns. Selon Brewers Journal, la plateforme doit fournir chaque année 140 GWh d’électricité bas carbone à plus de 1 300 établissements au Royaume-Uni.
Le contrat annoncé porte sur une durée initiale de 24 mois, avec possibilité d’extension. Marston’s présente l’accord comme une étape dans l’abandon d’un modèle d’achat d’énergie plus traditionnel au profit d’une approche plus flexible, davantage pilotée par les données et orientée vers une électricité moins carbonée.
Un contrat énergétique à l’échelle d’un réseau CHR
L’intérêt professionnel de l’annonce tient moins à la notoriété de Marston’s qu’à l’échelle du périmètre concerné. L’entreprise exploite un ensemble de plus de 1 300 sites au Royaume-Uni, ce qui crée des besoins importants de prévision, de suivi et de pilotage de la consommation électrique.
Le volume communiqué, 140 GWh par an, correspond à l’électricité fournie annuellement par SQE dans le cadre du partenariat. La source ne détaille pas la part exacte d’électricité renouvelable, le mix énergétique, les mécanismes contractuels utilisés ni le niveau de prix obtenu. Le terme « lower carbon » doit donc être lu comme la formulation de l’entreprise et non comme une donnée environnementale vérifiée de manière indépendante.
Marston’s indique attendre de l’accord une meilleure certitude budgétaire et un accès accru à une électricité moins carbonée à un coût commercialement soutenable. Chris White, energy manager de Marston’s, souligne que le coût demeure un enjeu critique pour l’hôtellerie-restauration, tout en évoquant la nécessité d’augmenter la part d’électricité renouvelable utilisée par l’entreprise.
Ce que Marston’s recherche chez SQE
SQE est présenté comme une plateforme d’approvisionnement énergétique destinée aux entreprises industrielles et commerciales. Dans le cas de Marston’s, la promesse porte sur trois dimensions : expertise d’achat d’énergie renouvelable, capacités numériques et appui opérationnel pour gérer un parc multi-sites.
Le dirigeant énergie de Marston’s mentionne notamment une meilleure prévision, un support plus réactif et une visibilité accrue de la performance au niveau de chaque site. Pour un réseau CHR, cette granularité peut faciliter le pilotage budgétaire, l’identification d’écarts de consommation et l’adaptation progressive de la stratégie d’achat.
Ces éléments restent toutefois des objectifs et bénéfices attendus, pas des résultats mesurés. Aucun indicateur de réduction de coûts, de baisse d’émissions ou d’amélioration de performance énergétique n’est fourni dans l’annonce. Il serait donc prématuré d’en tirer une conclusion sur l’efficacité économique ou environnementale du dispositif.
Repères utiles pour les brasseries françaises
La transposition directe à une brasserie française doit rester prudente : l’opération concerne un groupe britannique de pubs, soumis à son propre marché de l’électricité, et non un site de production brassicole en France. Elle fournit néanmoins un repère pour les entreprises qui gèrent plusieurs établissements, taprooms, restaurants ou points de vente associés à une marque brassicole.
Pour un dirigeant français, l’annonce invite surtout à cadrer les questions à poser avant de faire évoluer un contrat d’électricité : quel périmètre de sites est concerné, quelle part d’électricité renouvelable ou bas carbone est garantie, avec quels justificatifs, quelle durée d’engagement, quels mécanismes d’indexation et quel niveau de reporting par site.
Elle rappelle aussi que l’achat d’énergie ne se limite pas au prix du kWh. Sur un parc multi-sites, la capacité à consolider les données, détecter les dérives de consommation et prévoir les budgets peut devenir un élément de gestion à part entière. En revanche, faute de données chiffrées sur les coûts ou les économies obtenues par Marston’s, il n’est pas possible d’en déduire un modèle financier applicable aux brasseries françaises.
Points de vigilance avant de s’en inspirer
L’annonce repose sur une seule source professionnelle et sur les déclarations des entreprises concernées. Elle ne fournit ni contrat complet, ni méthode de comptabilisation carbone, ni comparaison avec l’ancien fournisseur, ni prix de l’électricité. Les chiffres disponibles doivent donc être utilisés comme ordre de grandeur du périmètre couvert, pas comme preuve d’un gain économique ou environnemental.
Pour une brasserie ou un groupe de distribution en France, l’enseignement opérationnel est de formaliser en amont les objectifs : sécurisation budgétaire, traçabilité de l’électricité, pilotage multi-sites, réduction d’exposition aux variations de marché ou communication environnementale. Chacun de ces objectifs appelle des preuves et des indicateurs différents.
